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jeudi 9 octobre 2008

Déménagement

Ce site a déménagé ici.

Pardon pour ce petit désagrément.

vendredi 26 septembre 2008

Poésie charnelle

Un jour, étendus sur la plage
Nus comme deux vers.

Nous décidâmes de rimer ensemble,
Oxymore, anacoluthe, ellipse : nos caresses,
Une rime féminine, une autre croisée,
Voyelles initiales mêlées aux consonnes suivantes,
Emjambements, désirs en distique,
Alexandrin, jaillissant comme le pourpre.
Un jour : nos rimes s'embrassèrent.

Douze pieds abritant l'hémistiche
Encore et encore : deux corps-métriques, poème iambique,
Pantoumé, sonnetillant, diérèsique,
Assonant même dans notre sommeil.
Réussir les deux rythmes : caresser un calligramme
Textuellement notre.

mercredi 24 septembre 2008

Mille feuilles

Sirop sonore de cigales
Gratin d'odeurs de pins parasols
Tourte de sable aromatisée aux empreintes de pas
Salade de fruits, jolie, jolie jolie…
Fromage de chèvre en forme de calanque
Vin rosé à rafraîchir dans la vasque d'un torrent
Mille feuilles pour y écrire des mots de nulle part.

Je respire.
Je marche encore et encore…

Ta main dans la mienne.

jeudi 18 septembre 2008

Mot coupé

Je coupe en trois parts égales le mot liberté.

Le premier morceau, bien niché dans ma main, est un lit pour s'y allonger, pour faire la sieste, pour dormir paisiblement et pour rêver un autre monde.

Le dernier évoque une boisson unique. Aux vertus apaisantes. Jasmin, fleurs de pêcher, bergamote.

Le deuxième est laissé en l'état. À une lettre près, il représente l'espoir mais à y regarder plus avec soin, le lecteur avisé pourrait y deviner deux sens.

C'est un support de bois et de cordage bâti en forme de berceau.

Moins poétique, il évoque également les ridelles des charrettes sur lesquelles on peut pendre une bâche.

Comme quoi. La liberté est un rêve, un berceau et une exquise sensation.

lundi 15 septembre 2008

Les murmures - Part 4

Le promeneur regarde tout cela. Qu'est-ce qui reste encore ? Sa mémoire.

Ses souvenirs.

Il n'y a plus que lui. Seul. Face à des impressions tenaces.

Les autres sont ailleurs. Partis vers l'au-delà des existences, vers l'irréalité. Absurdité.

Le temps est assassin.

Fin.

vendredi 12 septembre 2008

Les murmures - Part 3

Il y avait aussi le rire des parents. Les échanges près du vieux platane où chacun y allait de l'évocation d'un souvenir, de ce qui se passerait le lendemain, d'une idée de promenade, de l'envie d'un plat à partager.

Fumets de soupes au pistou, de chorba, de beignets aux pommes, de café très serré, de tartines chaudes et beurrées, d'escargots à la sauce piquante, d'aïoli savoureuse.

Vision d'aqueduc. De pinède.

mercredi 10 septembre 2008

Tautogramme

Par hasard je viens de tomber sur cet article publié sur Wikipedia

Et que vois-je ?

Un lien sur le méta-tautogramme publié ici il y a maintenant presque 4 ans.

Comme quoi.

lundi 8 septembre 2008

Les murmures - Part 2

Tout d'abord des chuchotements d'enfants. Une fille, un garçon. Complices. Si proches.

Elle était blonde, étalait de longs cheveux sur des épaules illuminant l'espace, regard bleu lavande. Vif.

Lui, était maigrelet, assez longiligne, la chevelure déconfite, plutôt mal habillé. Rêveur. Nostalgique. Mélancolique.

Mille secrets étaient échangés. Sur l'avenir. Sur les chemins de traverse. Sur les endroits magiques, connus d'eux seulement.

Est-ce que tout un chacun a connu dans sa vie, un de ces instants là ? Sans doute. J'imagine. Mais ici l'odeur du thym, du romarin, du serpolet et les cigales qui hurlaient la chaleur ont donné à ce temps un air de scénario à la Robert Guédiguian.

Une bobine défile encore en boucle dans sa mémoire.

dimanche 7 septembre 2008

Les murmures - Part 1

C'était le jour où l'automne amorçait son retour. Au loin, les cris des oiseaux embrunissaient le paysage. Tout était lugubre.

Le chemin qui menait à la grande maison de pierres était recouvert par endroit d'herbes folles et de vestiges de vie. Ici une sorte de niche de chien, Là un grillage couché sur le sol, plus loin un lavoir disloqué, une carcasse de voiture à pédales et un chien à bascule.

Plus bas, un petit mur et les reliques des fondations d'une bâtisse.

Elle avait du être très imposante si on en jugeait par les éléments de charpente qui jonchaient le sol.

En fermant les yeux, le promeneur que j'étais, entendis des murmures…

lundi 1 septembre 2008

Le romancier et l'auto rouge.

L'automobile vrombissait et zigzaguait sur l'asphalte. Des rires fusaient.

Au volant, un homme élégant, à ses côtés une femme, puis engoncée sur la banquette arrière, une silhouette.

Un manuscrit à la main, l'individu annotait ici et là quelques feuillets dactylographiés, épars. Son écriture était fine, sinueuse et studieuse. Le moteur rugissait faisant naître l'écho des rouages d'acier dans la nuit noire. La route défilait nourrie par le défilement rythmé des arbres et par le marquage au sol. Les esprits devinrent engourdies, moment propice à la somnolence.

Crissements de pneus, dérapages. Le vie qui défile devant ses yeux, la femme qui hurle, le conducteur qui contrebraque, le romancier qui s'éteint à jamais telle une flamme qu'on souffle.

dimanche 31 août 2008

Franc parler

Je broie du bleu.

- Andouille !
- Grande asperge !
- Espèce de boudin !
- Tronche de cake !

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vendredi 22 août 2008

Bleu en cascade

Cascade de l'éventail
Du bleu qui coule
En cascade
Couleur d'apaisement
De réconfort
D'Amitié
Se sentir vivre…

dimanche 17 août 2008

Vérécondieux.

Je voudrais réhabiliter l'adjectif vérécondieux, synonyme de retenu, réservé, discret.

S'y rattache le mot si beau qu'est vérécondie. Une autre façon de nommer la discrétion.

En promenant mon regard sur le quai, je vis une silhouette qui se détachait à l'ombre des paquebots en partance. Il s'agissait d'une femme dont le visage enfoui sous un foulard, dégageait une nuque empreinte de douceur et de vérécondie. Elle irradiait les nombreux adieux par sa seule présence.

C'était magique.

Pendule étrange

À minuit, la pendule sonna onze coups brefs.

La petite aiguille devint incandescente. Un oiseau de feu sortit de son nid. Il alla frapper de son bec acéré une clochette d'argent.

Au matin, le seul bruit que l'on entendait était celui du tac-tic de la cheminée. Il faut vous dire que dans cette maison, les braises sont fumeuses, le bois flotté embaume l'ambre, l'encens et la farigoule.

À midi grosso modo, le château redevint calme : seuls le fantôme qui hantait sa solitude et le devin liseur de viscères d'oies.

Champagne !

Au bord des larmes, la veuve clique haut. Elle surfe par désespoir.


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