Comme je regardai les vagues sous le vent
La pluie fit un écrin aux brûlures du temps
Des vapeurs d’océan montèrent jusqu’aux cieux
Comme je regardai les vagues sous le vent
J’imaginais aussi les palanques d’orient
Qui filaient voiles franches vers l’horizon fléchi
Embrasées de couleurs et de cris d’entropie
Aux accents autochtones et aux bistres d’antan
Comme je regardai les vagues sous le vent
Tu vins à mes côtés comme tu le fais souvent
Nous fîment le silence en nos âmes émues
Nous mîmes nos deux mains en jonques naufragées
La nuée se fit pâle, émouvante, innée
Et nous nous transformâmes en rochers de calcite[1]
Calendrier, réveil, graines de sable haineux
Tout passe dans le temps, tout passe, besogneux,
Les moments et les jours, les instants délirants.
Ne retiens pas ta joie, ne retiens pas le temps.
Car la vie avance, bien immuablement,
En dépit de tes voeux, d’un génie impéteux,
Elle affirme, têtue, tes défauts malchanceux
Qui te feront sombrer, pleurant abjectement.
Ne retiens pas ta joie, ne retiens pas le temps.
Et sans trêve, sans glaive, elle mène son combat
Fort impitoyable, contre toi, son passe-temps
Et elle te vaincra, sans pleurer notr’ tourment
Alors, tu céderas devant un tel constat :
Ne retiens pas ta joie, ne retiens pas le temps.[2]
Partis tous deux ensemble en nous tenant la main
Prêts à conquérir la vie par ce beau matin
Cette course devait être notre belle consécration
Cruel ce destin du nom de séparation
Sous le soleil de midi brûlait notre amour
Je redoutais l’arrivée du funeste jour
De ces premiers nuages noirs de l’après midi
Ô tristes ces souvenirs qu’encor je maudis
Cruel ce destin du nom de séparation
Si brutale que je crus à la machination
Sans aucune explication sur le bord de route
Je me retrouvai désemparé, dans le doute
C’était hier, pourtant c’était il y a longtemps
Mon pauvre cœur était jeune, il avait vingt ans[3]

10 réactions
1 De joye
- 14/12/2008, 14h46
En principe, je n’aime pas quand les matheux se mettent à bidouiller dans la poésie, mais pour ton sonnet, je ferai exception car il est exceptionnel.
Toutefois, il faudra trouver un autre nom, car ce n’est pas vraiment un sonnet.
Qu’est-ce ?
Une pioème ?
Un pinnet ?
Une poépi ?
En tout cas, bravo, j’ai hâte d’essayer.
2 De joye
- 14/12/2008, 16h56
Maître, je rends ma copie :
Calendrier, réveil, graines de sable haineux
Tout passe dans le temps, tout passe, besogneux,
Les moments et les jours, les instants délirants.
Ne retiens pas ta joie, ne retiens pas le temps.
Car la vie avance, bien immuablement,
En dépit de tes voeux, d’un génie impéteux,
Elle affirme, têtue, tes défauts malchanceux
Qui te feront sombrer, pleurant abjectement.
Ne retiens pas ta joie, ne retiens pas le temps.
Et sans trêve, sans glaive, elle mène son combat
Fort impitoyable, contre toi, son passe-temps
Et elle te vaincra, sans pleurer notr’ tourment
Alors, tu céderas devant un tel constat :
Ne retiens pas ta joie, ne retiens pas le temps.
3 De Oxygène
- 14/12/2008, 19h43
Me voilà, baba, devant vos poêmes. C’est chaque fois la même chose. J’arrive sur ce blog, curieuse des inventions d’Obni et repars époustouflée par le maître et ses disciples.
4 De obni
- 15/12/2008, 00h30
Merci Joye pour ta belle participation !!
Tu as raison, dans la forme ce n’est pas un sonnet. Je vais renommer ce billet en “poème irrationnel” mais Jacques Bens a appelé cette contrainte ainsi. J’imagine qu’il s’agiisait pour lui d’une ironie ou d’un amusement oulipien
Oxygène > Un grand merci pour ton commentaire !
5 De obni
- 15/12/2008, 07h42
Joye > Un pioème !! J’adore ! Je renomme ce billet !!
6 De joye
- 15/12/2008, 15h35
Merci beaucoup, obni et oxygène, j’apprécie l’encouragement !
(j’ai un peu nettoyé la version sur le blog que j’indique comme mon lien)
7 De daniel
- 15/12/2008, 17h24
Partis tous deux ensemble en nous tenant la main
Prêts à conquérir la vie par ce beau matin
Cette course devait être notre belle consécration
Cruel ce destin du nom de séparation
Sous le soleil de midi brûlait notre amour
Je redoutais l’arrivée du funeste jour
De ces premiers nuages noirs de l’après midi
Ô tristes ces souvenirs qu’encor je maudis
Cruel ce destin du nom de séparation
Si brutale que je crus à la machination
Sans aucune explication sur le bord de route
Je me retrouvai désemparé, dans le doute
C’était hier, pourtant c’était il y a longtemps
Mon pauvre cœur était jeune, il avait vingt ans
8 De O-plus
- 16/12/2008, 10h41
Je reste sans voix devant tant de talents. Bravo.
9 De claudune
- 16/12/2008, 15h15
Ma-gni-fi-que ! ! Obni, Joye et Daniel
10 De obni
- 16/12/2008, 23h11
Claudune et O-Plus > Merci !