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samedi 12 novembre 2011

Les économies du romancier

On me dit que la plupart des romanciers français sont économes parce que Proust lui-même était quelqu'un qui épargnait tout le temps.

Ne parle-t-on pas des bas de laine de Proust.

dimanche 21 août 2011

S'indigner !

L’austérité est une dynamique sans fin vers le néant[1]

Écouter aussi ceci et cela

Notes

[1] Jean-Luc Mélenchon - RMC - 18 Août 2011

dimanche 5 juin 2011

L'épouse du lièvre est totalement dépassée !

Alors que nous nous promenions en pays vivarais, au détour d'une sente, au moment même où j'humais une bonne dose d'humus, je vis un couple étonnant d'agriculteurs.

Lui, beau lièvre, sans bec mais portant l'habit traditionnel paysan, était en train de bêcher un champ de pommes de terre et sifflotait un air qui ressemblait à la chanson de Lady Gaga "Poker". L'animal était visiblement dans l'air du temps !

De plus -et c'était sans doute aussi une marque de bon goût- son bras était orné par un tatouage à forme de serpent, un peu comme celui que porte le fiancé de Bree Hodge dans la septième saison de Desperites Housewives. Vous voyez le genre j'imagine.

Son épouse, une hase d'assez bonne allure, était à contre courant de la mode : pantacourt, petit haut fleuri, des bas noirs, un milieu sans forme, bracelets quelques indiens qui tintaient et des chaussures à lacets qu'elle portait façon spartiate.

Au moment de notre rencontre, la brave bête travaillait besogneusement son champs avec une sorte d'outil à long manche qui comportait une partie métallique assez fine à son extrémité.

J'entendis soudain derrière moi une fillette à joues rosées dire à son père :

- Tu as vu p'pa : le lièvre bêche et la hase bine.

Comme quoi la vérité sort toujours de la bouche des enfants.

samedi 28 mai 2011

J'emaille l'ancolie ?

dimanche 15 mai 2011

ça tourne, ça tourne… ou pas.

Mais dans quelles conditions a été prise cette photo ? Imaginons-en l'histoire…

À suivre

samedi 7 mai 2011

La légende du siège

Max était un drôle de gars au sens premier du terme.

Il riait à s'en faire péter la machoire chaque fois que c'était possible.

Un jour, il alla à un enterrement de vie de garçon et se mit à rire sur la manière dont avez évolué le futur marié. Il le trouvait ballot, fayot, bigot, manchot, bobo, un peu salopiaud et bien peu costaud (quoique en costard crado)

Et que croyez qu'il arriva ? Max en fut remercié.

(Il faut dire que le jeune marié était son patron)

mardi 3 mai 2011

Alors le téléphone ?

- Demain t'appelles ?

-Bonne pioche !

lundi 25 avril 2011

Comment éviter de se marrir avec un mari pigiste à poux et non papou car habitant la capitale.

Je venais de fermer la porte à clefs. À gras-double clefs.

La voisine d'en bas, une trentenaire frisquette et ébaubie, claqua avec force ses persiennes pour une raison inconnue de moi. Je ne pus m'empêcher de faire le rapprochement entre persiennes et parisienne. Pharisienne n'était pas très loin non plus. Et qui dit pharisienne dit phare à Sienne. Ce qui reconnaissons le nous éloigne de notre propos, nous emmène en Italie, nous fait humer la terre ocre et nous incite à divaguer encore plus une glace au limoncello à la main, écoutant l'air tournoyer dans les peupliers.

Mais je m'éloigne.

Bref, au lieu de baisailler comme elle le faisait souvent en écoutant du Éric Satie, un satyre à satiété sautillant et sinistre, était-elle en train de baiser ou m'avait-elle vu chaparder le nez de clown du boulanger artiste itinérant sur pédalo arboricole ?

M'avait-elle entendu le traiter d'écrivassier parce qu'il avait rédigé sur la feuille de chou locale un article venimeux sur mon texte pour les Impromptus, le trouvant décousu, inconsistant, bavard, parnassien, pataphysicien ?

Dois-je vous rappeler une fois de plus que mon boulanger est pigiste  ? Pigez-vous l'allusion allusive  ? Abusive allusion pensez-vous  ?

En un mot comme en cent, ce type était marié à une péronnelle callipyge et ombrageuse. Voilà tout. Et la nénette en question était ma voisine du bas.

Et ceci expliquait sans doute cela comme ceux-là aspirent souvent ceux-ci.

Et réciproquement.

Une autre fois je vous décrirai les bas de cette voisine. Résillés. Persillés. Les hauts et les bas, et même son cabas lorsqu'elle se rend chez son époux, papa à poux de surcroît.

Texte écrit pour les Les Impromptus Littéraires pour la semaine du 25 avril au 1er mai 2011.

dimanche 24 avril 2011

Grosso modo

À minuit, la pendule sonna onze coups brefs.

La petite aiguille devint incandescente. Un oiseau de feu sortit de son nid. Il alla frapper de son bec acéré une clochette d'argent.

Au matin, le seul bruit que l'on entendait était celui du tac-tic de la cheminée. Il faut vous dire que dans cette maison, les braises sont fumeuses, le bois flotté embaume l'ambre, l'encens et la farigoule.

À midi grosso modo, le château redevint calme : seuls le fantôme qui hantait sa solitude et le devin liseur de viscères d'oies.

samedi 9 avril 2011

Enjambements

Un jour, étendus sur la plage
Nus comme deux vers.

Nous décidâmes de rimer ensemble,
Oxymore, anacoluthe, ellipse : nos caresses,
Une rime féminine, une autre croisée,
Voyelles initiales mêlées aux consonnes suivantes,
Enjambements, désirs en distique,
Alexandrin, jaillissant comme le pourpre.
Un jour : nos rimes s'embrassèrent.

Douze pieds abritant l'hémistiche
Encore et encore : deux corps-métriques, poème iambique,
Pantoumé, sonnetillant, diérèsique,
Assonant même dans notre sommeil.
Réussir les deux rythmes : caresser un calligramme
Textuellement notre.

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